Auteur
Sophie
Rédactrice spécialisée en livraison collaborative et économie du partage.
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Une chaise achetée à Lyon doit rejoindre Montpellier. Le vendeur ne livre pas, l’objet entre difficilement dans les formats habituels et une voiture doit justement effectuer ce trajet avec suffisamment de place disponible.
Cette situation peut être décrite de plusieurs manières. On parlera de colis-voiturage, de cotransportage, parfois même de crowdshipping. Les expressions se croisent sur les plateformes, dans les articles consacrés à la livraison et jusque dans les travaux sur la logistique urbaine.
Elles ne sont pourtant pas parfaitement synonymes.
La différence tient surtout au niveau auquel on regarde le transport. Le colis-voiturage est une expression courante qui décrit la pratique. Le cotransportage est le terme défini par le Code des transports en France. Le crowdshipping désigne une famille beaucoup plus large de modèles de livraison faisant appel à des particuliers ou à des transporteurs occasionnels.
Une même opération peut donc relever de plusieurs de ces vocabulaires. Cela ne signifie pas que les mots sont interchangeables dans toutes les situations.
Le principe se comprend par analogie avec le covoiturage. Une voiture effectue déjà un déplacement et possède de la capacité disponible. Au lieu d’accueillir un passager supplémentaire, cette place sert à transporter un objet.
Un véhicule doit par exemple relier Rennes à Nantes avec un coffre à moitié vide. Un colis doit suivre pratiquement la même route. Les deux besoins se rencontrent.
L’expression « colis-voiturage » raconte assez bien la scène sans nécessiter d’explication technique.
On rencontre aussi « covoiturage de colis », « covoiturage d’objets » ou plus simplement « transport de colis entre particuliers ». Dans le langage courant, ces formulations renvoient généralement à la même intuition : profiter d’un déplacement existant et d’une capacité inutilisée pour acheminer un bien.
Le terme reste toutefois descriptif. Il ne permet pas, à lui seul, de savoir pourquoi le conducteur est sur la route, comment la participation financière est organisée ou dans quel cadre juridique intervient le transport.
C’est là que la notion de cotransportage devient plus précise.
Le mot peut sembler moins intuitif, mais il possède une caractéristique importante : le « cotransportage de colis » figure dans le Code des transports.
Le dispositif repose sur un déplacement que le conducteur réalise pour son propre compte. Le bien vient s’intégrer à cette route personnelle et son transport intervient dans un cadre privé, à titre non onéreux à l’exception du partage des frais.
La raison du déplacement devient donc essentielle.
Une voiture devait déjà rejoindre Bordeaux pour un week-end, une visite familiale ou un rendez-vous personnel. Un carton doit suivre presque le même itinéraire et peut être chargé sans transformer profondément l’organisation du voyage.
Le colis profite d’un déplacement existant.
La situation est différente lorsque la personne n’avait aucune raison d’aller à Bordeaux et décide de prendre la route uniquement parce qu’un objet doit y être livré. La livraison ne s’ajoute plus au voyage : elle devient la raison du voyage.
Cette distinction explique pourquoi le cotransportage ne se résume pas à « un particulier transporte un colis ».
Le véhicule peut être le même. L’objet aussi. Ce qui change, c’est la relation entre le besoin de livraison et le déplacement du conducteur.
Notre article consacré au fonctionnement du cotransportage développe plus largement ce principe et son cadre.
Dans de nombreuses situations, colis-voiturage et cotransportage peuvent donc décrire la même opération. Le premier est le mot du quotidien ; le second permet d’être plus précis lorsqu’on parle du modèle encadré en France.
Le crowdshipping regarde la livraison à une autre échelle.
Le terme est notamment employé dans les travaux consacrés à la logistique et au dernier kilomètre. Il recouvre des systèmes dans lesquels une plateforme s’appuie sur une communauté de personnes extérieures aux réseaux traditionnels pour effectuer tout ou partie d’un transport.
Il n’existe pas une définition internationale unique du crowdshipping. Les organisations regroupées sous ce nom peuvent être très différentes.
Certaines reposent sur des personnes qui se déplacent déjà et acceptent d’emporter un objet compatible avec leur itinéraire. La proximité avec le cotransportage est alors évidente.
D’autres proposent des tâches de livraison à des transporteurs occasionnels. Ceux-ci choisissent les missions qu’ils souhaitent réaliser et peuvent adapter leur parcours en conséquence.
Le crowdshipping peut également concerner uniquement le dernier kilomètre : une marchandise arrive par un réseau logistique classique dans une ville, puis la dernière partie du parcours est confiée à une personne disponible dans le secteur.
La voiture n’est d'ailleurs pas indispensable. Selon les modèles, un déplacement à vélo, en transports en commun ou même à pied peut être utilisé.
Le crowdshipping ne désigne donc pas une manière unique de transporter des biens. Il décrit plutôt un principe d’organisation dans lequel une communauté distribuée participe aux livraisons, généralement grâce à une plateforme numérique.
C’est beaucoup plus large que la définition française du cotransportage.
Parce qu’ils peuvent observer exactement la même livraison sous trois angles différents.
Imaginons une voiture qui doit déjà effectuer Nantes-Bordeaux. Un carton suit presque le même itinéraire et son transport nécessite très peu de détour.
Pour la personne qui découvre le service, « colis-voiturage » est une expression parfaitement compréhensible.
Lorsqu’on examine les conditions dans lesquelles le particulier effectue son voyage en France, la notion de cotransportage devient plus précise.
Un chercheur étudiant les modèles numériques utilisant des transporteurs occasionnels pourra, de son côté, rattacher cette organisation à l’univers plus large du crowdshipping.
Ces trois lectures ne se contredisent pas.
La confusion apparaît seulement lorsqu’on considère que tous les modèles de crowdshipping fonctionnent nécessairement comme du cotransportage.
Ce n’est pas le cas.
Une plateforme peut parfaitement faire appel à une communauté de particuliers ou de coursiers occasionnels pour réaliser des livraisons qui déterminent elles-mêmes leur déplacement. Ce système pourra être étudié comme une forme de crowdshipping sans correspondre pour autant à la logique particulière définie par le droit français.
C’est pour cette raison que traduire directement « crowdshipping » par « cotransportage » fait perdre une partie du sens.
La taille de l’objet n’apporte pas beaucoup d'informations.
Un vélo, une commode ou un gros carton peuvent parfaitement profiter d’un déplacement personnel déjà prévu si le véhicule possède suffisamment de place.
À l’inverse, une petite enveloppe peut être à l’origine d’un voyage créé spécialement pour sa livraison.
Le statut de particulier ne suffit pas davantage.
Le meilleur repère reste la relation entre le trajet et le bien transporté.
Si le déplacement existe indépendamment de la livraison et que l’objet vient s’y intégrer, on retrouve le principe central du cotransportage.
Si la livraison provoque le déplacement ou organise largement l’itinéraire, on entre dans une autre logique, même si le conducteur reste un particulier.
Cette distinction possède aussi une conséquence pratique souvent oubliée : faire intervenir un particulier ne signifie pas automatiquement que l’on utilise un déplacement existant. Selon les modèles, des détours importants ou de nouveaux trajets peuvent être créés.
Le mot employé ne suffit donc jamais à comprendre l'organisation réelle d'une livraison.
Pour expliquer le principe dans une conversation, colis-voiturage
Lorsqu’on parle du cadre français et d’un particulier qui transporte un bien pendant un déplacement effectué pour son propre compte, cotransportage est le terme précis.
Crowdshipping devient pertinent lorsqu’on prend davantage de recul et que l’on parle d’une famille de systèmes logistiques mobilisant une communauté de transporteurs occasionnels grâce à une plateforme.
Quant au transport collaboratif, l’expression reste encore plus générale. Elle peut servir à désigner de nombreuses pratiques fondées sur la mutualisation de capacités ou la mise en relation d’utilisateurs, sans indiquer précisément la manière dont le trajet est organisé.
Le bon vocabulaire dépend donc davantage de ce que l’on cherche à décrire que de l’objet lui-même.
DelivYou met en relation des personnes qui ont besoin de faire transporter un bien et des conducteurs dont les déplacements peuvent être compatibles.
Cette distinction de vocabulaire n’est pas seulement théorique.
Pour un cotransporteur particulier, constater qu’un conducteur est disponible entre deux villes ne suffit pas. Il faut regarder comment l’objet s’insère dans son déplacement : la route était-elle déjà prévue ? Les lieux de prise en charge et de remise restent-ils compatibles avec cet itinéraire ? Le transport vient-il profiter de la mobilité existante ou commence-t-il à organiser le voyage lui-même ?
C’est cette lecture qui rapproche le fonctionnement de DelivYou du cotransportage tel qu’il est défini en France.
L’expéditeur publie son besoin et indique les caractéristiques de l’objet ainsi que les lieux concernés. Un conducteur dont le déplacement est compatible peut alors proposer de le transporter. Les utilisateurs peuvent échanger sur les conditions avant de confirmer la réservation.
Le parcours complet est présenté sur notre page consacrée à la livraison de colis entre particuliers avec DelivYou.
À une échelle plus large, DelivYou peut être rapproché des plateformes relevant de l’univers du crowdshipping, puisqu’il s’agit de faire se rencontrer une demande de transport et une capacité disponible grâce à un service numérique.
Mais pour décrire précisément le rôle d’un conducteur particulier qui profite d’un trajet personnel déjà prévu, cotransportage reste le terme le plus adapté en France.
Les différences entre ces expressions deviennent plus simples lorsqu’on cesse de chercher trois définitions concurrentes.
Elles ne décrivent pas exactement la même chose.
Le colis-voiturage explique une pratique avec une image familière. Le cotransportage précise cette pratique dans le cadre français. Le crowdshipping englobe un univers logistique beaucoup plus vaste, dans lequel des plateformes mobilisent des transporteurs occasionnels selon des organisations très diverses.
La question décisive reste finalement très concrète : quelle place la livraison occupe-t-elle dans le déplacement ?Lorsqu’un véhicule devait déjà aller dans la bonne direction et qu’un objet peut profiter de cette capacité disponible sans devenir la raison du voyage, la logique du cotransportage apparaît clairement.
FAQ
Les deux expressions peuvent décrire la même opération, mais elles n’ont pas exactement le même statut. « Colis-voiturage » est une formulation courante construite sur l’image du covoiturage appliqué aux objets. « Cotransportage de colis » est le terme utilisé par le Code des transports français pour désigner un cadre précis.
Le cotransportage français repose notamment sur un déplacement effectué par le conducteur pour son propre compte. Le crowdshipping est une notion plus large qui regroupe différents modèles utilisant une communauté de particuliers ou de transporteurs occasionnels. Tous ne reposent pas nécessairement sur un trajet déjà prévu.
Non. Certains modèles utilisent des déplacements préexistants, tandis que d’autres permettent à des transporteurs occasionnels d’accepter des missions qui influencent ou déterminent leur parcours. C’est l’une des raisons pour lesquelles crowdshipping et cotransportage ne doivent pas être considérés comme des synonymes parfaits.
Lorsqu’un particulier transporte un bien pendant un déplacement qu’il effectue pour son propre compte, le terme juridique approprié est « cotransportage de colis ». « Colis-voiturage » ou « covoiturage de colis » restent parfaitement compréhensibles dans le langage courant.